La peinture à l’huile c’est plus difficile mais c’est bien plus beau que la peinture Halo
Wise fwom your gwave !
Quelle drôle d’idée de jouer à Halo en 2009 – ben oui, le titre est sorti en 2001 sur Xbox (première du nom). Il faut dire que vu l’absence de jeux intéressants sur console next-gen (comprendre : la PS3 et la Xbox 360) et sur console previous-gen (comprendre : la Wii), j’ai décidé de ressortir ma Xbox et de faire quelques jeux que je n’avais pas encore terminés.
Bon. D’accord. C’est un mensonge éhonté. Je n’ai pas ressorti ma Xbox, je l’ai tout simplement sortie. Faut dire que depuis que je l’avais achetée d’occase en promo au Score Games de La Défense, je n’y avais joué que quelque minutes. Et donc, il ne s’agit pas ici de finir de jouer à quelques jeux mais bien de commencer à jouer à tous les jeux …
Bref, j’ai voulu voir ce qu’était ce fameux Halo. Je dis fameux car il faut bien reconnaître que ce jeux semble culte parmi la communauté Xbox (j’aurais même pu dire que Halo est entouré d’une certaine aura, mais le jeu de mot aurait été trop facile :-p ).
Halo est un FPS (first-person shooter), un jeu de tir en vue subjective pour les anglophobes, où l’on incarne Master Chief, le dernier survivant d’une série de super-soldats issus d’un projet nommé SPARTAN. L’histoire commence à bord du vaisseau Pillar of Autumn qui sort d’un bond dans l’hyper-espace et qui apparaît près d’une énorme structure en forme d’anneau. Le vaisseau se fait attaquer par une flotte extra-terrestre et les ennemis, les Covenants, commence à aborder le vaisseau. Le Master Chief est tiré de son sommeil cryogénique pour prêter main forte au combat mais malgré cela, le vaisseau est rapidement submergé d’ennemis.
Le capitaine du vaisseau, Jacob Keyes, décide alors d’évacuer le vaisseau et de le détruire afin que les ennemis ne récupèrent pas la base de données du Pillar of Autumn. Le Master Chief se retrouve donc évacué en nacelle de survie avec comme compagne virtuelle Cortana, l’intelligence artificielle du vaisseau qui a été téléchargée dans son système de communication. Chief atteri sur le mysterieux anneau que les Covenants appelle Halo (voilà, comme ça vous savez d’où vient le titre du jeu) et le capitaine Keyes fait se crasher le Pillar of Autumn. Keyes, qui est quand même sacrément costaud, survit au crash et est capturé par les Covenants qui le retiennent prisonnier dans un de leur vaisseau, le Truth and Reconciliation (je sens bien que c’est bibi qui va devoir aller sauver les miches du capitaine).
Bon, on l’a compris, quand on incarne le dernier représentant d’une série de super soldats de 450 kg (armure comprise) dans un univers où la Terre est en guerre contre des extra-terrestres, on ne va pas faire dans la dentelle.
Passé les premières minutes quelques constats s’imposent au joueur :
- Le personnage de Chief est super maniable. Sérieusement, c’est vraiment une très grande réussite. Les FPS sur consoles m’ont toujours fait peur. J’ai l’habitude de jouer sur PC avec un clavier/souris et j’avais tenté à l’époque de jouer à Rainbow Six sur Xbox. L’expérience s’était soldée par un vol de manette à travers la pièce tant la mauvaise maniabilité et le manque de précision dans la visée m’avaient horripilés. J’ignore quel est leur secret, mais les développeurs du studio Bungie ont vraiment fait du beau travail sur Halo. Le Master Chief répond au doigt et à l’oeil et on vise facilement où l’on veut. Bon, en fait, il me semble qu’il y a un peu de auto-aim pour aider à la visée, ça doit être ça leur secret.
- Malgré son âge (relatif), Halo est beau. Certes, le moteur 3D est loin de ce qu’on peut faire maintenant, mais le rendu n’est pas trop moche et les divers éléments sont bien modélisés en tenant compte des limitations du moteur. Après quelques minutes dans le jeu, on ne fait plus attention aux graphismes.
- L’univers d’Halo semble sous-exploité. D’où viennent les noms bizarres des vaisseaux ? Qui sont les Covenants ? Pourquoi dans un cutscene explique-t-on que les Covenants considèrent Halo comme un objet de culte ? Face à ces questions, j’ai décidé d’ouvrir le mode d’emploi et là : surprise ! On explique le début du conflit entre les humains et les Covenants, race hyper religieuse. On explique les différents types de Covenants et leur rôles. Les origines du Master Chief et du projet SPARTAN sont également décrites. Hélas, tous ces aspects sont complètement ignorés dans le jeu où on se contente de bourriner du Covenant, peut importe son status social et sa religion. C’est d’ailleurs bizarre qu’il n’y ait jamais la moindre allusion à leur volonté de convertir l’univers entier.
- Le doublage français est à chier. Et je pèse mes mots. Et non, il n’y a pas moyen d’avoir les voix en anglais. Le doublage du Chief est correct, en même temps il prononce à tout casser cinq phrases durant tout le jeu. Mais les autre doublages … Entre l’équipage du Pillar of Autumn qui réagit à l’invasion des Covenants comme un centenaire sous anti-dépresseurs réagirait à la diffusion d’un épisode de Derrick, la pilote Foe Hammer qui cause comme un poissonnière un samedi de marché et les Covenants qui euh … c’est difficile à décrire … font des bruits de lutins sous acide qui imiteraient Enrico Macias ( »Aille aille aille aille ! Nous allons tous y passer ! Sauvez-vous ! Arrrrrrghhhhhh !« ), on ne peut pas vraiment dire que le doublage soit réussi.
Allez, je suis bon prince, je vous ai extrait et converti à la main quelques extraits du doublage. C’est au format ogg/vorbis (c’est mieux que le mp3) et si vous ne savez pas le lire il faut cliquer ici pour télécharger (gratos et sans virus) le plugin qui va bien (ça marche sous Windows et Mac aussi, sisi !) :
Au bout de quelques heures (pendant lesquelles on profite de la très bonne bande-son), on comprend pourquoi Halo a marqué les joueurs Xbox. C’est tout simplement le pendant console de Half-Life. Souvenez-vous : avant Half-Life, les FPS se limitaient à Doom, Quake ou Duke-Nukem 3D. Doom et Quake avaient apporté principalement des amélioration techniques dont le passage à la vraie 3D. Duke-Nukem quant à lui avait apporté au monde du FPS sur PC un scénario fun et décalé et des parties multi-joueurs endiablées. Chaque jeu apportait son évolution appréciable, mais globalement rien n’était révolutionnaire.
Et puis Half-Life est arrivé. Et là, ça a été la claque : un scénario prenant et une mise en scène immersive; une interaction avec les décors et les personnes comme on en n’avait jamais vu; une intelligence artificielle redoutable et surtout un environnement, un monde qui donne l’impression d’avoir sa propre existence et qui vit devant le joueur. On peut désormais retrouver ces aspects sur console sur des jeux du genre Call of Duty qui sont très scriptés et interactifs, mais c’est véritablement Halo qui a été le premier du genre sur console. A ce titre, on comprend aisément que les joueurs consoles qui ne connaissaient pas Half-Life s’en sont pris plein la figure en découvrant Halo.
Dans Halo, on n’est pas toujours obligé de tout dégommer (même si ça aide). On peut également se faufiler discretos dans une bataille rangée entre deux ennemis pour aller voler un véhicule et s’enfuir peinard. Dans Halo, on discute avec d’autres personnages, on va les aider, on doit tenir une place forte en attendant les renforts, on interagit avec le décor et, même s’il n’est pas exploité, on se laisse gentillement guider par le scénario.
Halo n’est pourtant pas parfait. Autant les personnage de Master Chief est maniable, autant la conduite des véhicules est imprécise et hasardeuse. J’ai déjà parlé du doublage français, je ne vais donc pas m’apesantir dessus. Je parlerai plutôt du design des niveaux et du dosage de la difficulté. Les premiers niveaux ne sont pas toujours évidents, prise en main du personnage oblige. Ensuite, pendant la moitié du jeu, on se balade à son aise sans trop se soucier des munitions. Pour peu que l’on sache gérer correctement la recharge de son bouclier, rares sont les ennemis qui poseront problèmes.
Et puis arrivent les Floods : sorte de parasite mutagène, ils vont s’en prendre à vos potes marines et aux Covenants pour les transformer en monstres. Et là, le joueur en bave. Il y en a partout, il y en a plein, ils sont super costaud, les munitions fondent à vue d’oeil et on soupir de soulagement lorsqu’on passe un point de sauvegarde. Soupir de soulagement teinté d’angoisse tant on se questionne sur ce qu’on va encore trouver derrière la prochaine porte.
Cette seconde moitié de jeu promet donc d’être sportive. Elle est malheureusement grevée d’un level design catastrophique puisqu’il faut traverser dans un sens trois installations de type industriel qui se ressemblent comme deux gouttes d’eau, effectuer quelques actions et puis retraverser en sens inverse ces installations. On passe son temps à voir toujours les mêmes couloirs symétriques et les mêmes ennemis. Quand on tourne en rond un quart d’heure pour sortir d’un niveau parce qu’on le confond avec les autres niveaux qu’on a vu durant les 3 dernières heures, c’est vitre frustrant.
Halo est un bon jeu et on comprend pourquoi il a marqué les joueurs de son époque. Pour ceux qui désirent découvrir les origines de la série, il vaut la peine d’être joué, même si la seconde partie du jeu est vite irritante. Cependant, ce n’est pas un jeu auquel il faut absolument avoir joué et les joueurs qui ne sont pas intéressés par la saga Halo peuvent passer leur chemin et se contenter d’écouter l’assez bonne soundtrack du jeu.
mrtomate says:
juillet 24th, 2009 at 12 h 29 min
Hop : http://kotaku.com/5321723/ghost-in-the-shell-director-joins-halo-legends
terf says:
juillet 26th, 2009 at 19 h 07 min
boulalala….
Je retrouve là principalement le blog geekien!
Quoi que, ton « halo » me fait penser a un JDR …Sur plateau… Mais je sais plus lequel …
(et en ce moment, nous, on est sur mage l’ascension!!)
ELRORO says:
août 1st, 2009 at 1 h 01 min
Voilà bien une analyse complète et freudienne du jeu !
Je n’ai jamais gouté à halo mais ca donne envie !! Il est vrai que les doublages FR des jeux sont parfois hasardeux (voir CounterStrike « ca va peter! »). je suit le même chemin geekesque en ce moment et je me replonge dans mes jeux Gamecube et wii (pikmin 2, Rogue Squadron, Fzero GX Resident etc…)
Une nuance à cet article néanmoins : il est dommage qu’au rang des fps console tu aies occulté goldeneye :-p qui a apporté lui aussi sa pierre à l’édifice en ajoutant un coté « ne soyons pas bourrin, tuons proprement » et une maniabilité sans faille sur console, le premier véritablement jouable (sur PSone les hexen et autre Doom etaient injouables).
A bientot de te lire cher ami !
Le Cri du Geek says:
août 3rd, 2009 at 20 h 45 min
Hey ! Salut El Roro !
Tu as raison pour Golden Eye : tous ceux que je connais qui y ont joué en gardent un souvenir impérissable. Mais je n’y ai jamais joué moi-même : il faudra que je déniche une N64 un de ces jours pour essayer …